Des voitures électriques bon marché arrivent !

voiture électrique en charge

Le prix actuel des voitures électriques les rend inabordables pour la majorité du public. Les modèles les plus abordables, qui n’atteindront le marché efficacement qu’en 2020, comme la Peugeot e-208. Verrons-nous un jour des voitures électriques à des prix abordables en Europe ?

La plupart des nouveautés en termes de voitures électriques qui seront mises en vente en 2020 sont encore des modèles qui se placent dans le haut de gamme des compactes (même si elles sont utilitaires), comme la Peugeot précitée et son cousin l’Opel Corsa-e (qui commence à 29.900 euros), ou sont directement des modèles haut de gamme.

e-corsa

Les nouveautés

Il y a aussi plusieurs nouveautés dont les prix définitifs ne sont pas encore connus mais qui ne devraient pas être très abordables, comme la SEAT el-Born, dont le prix devrait être similaire à celui de la Volskwagen ID.3, ou la Volvo XC 40 Recharge, dont le prix ne devrait pas tomber en dessous de 45.000 ou 50.000 euros. Je ne vois pas un 408 ch XC40 de 408 ch moins cher que le 252 ch XC40 T5 TwinEngine de 252 ch qui coûte à partir de 45.150 euros.

A priori, dans les plans à court terme des marques on ne prévoit pas la possibilité d’une voiture électrique vraiment abordable. Cependant, nous pourrions bientôt avoir sur le marché plus d’une voiture électrique à un prix accessible. Et non, il ne s’agira pas forcément de modèles chinois.

Les plateformes communes

La plupart des constructeurs ont opté pour des plateformes séparées pour leurs voitures électriques, leurs voitures thermiques et hybrides. Le groupe Volkswagen avec ses plateformes MEB (Volkswagen, SEAT, Skoda et Audi, ainsi que Ford, sous licence) et PPE (développé par Porsche et Audi) en sont les exemples les plus frappants.

Nissan et Renault en sont un autre exemple clair. Cette solution est celle qui permet de bénéficier des avantages (architecture générale et intérieur) qu’offre une voiture électrique. Le problème est que sans économies d’échelle, c’est un moyen très coûteux de produire des véhicules. C’est quelque chose que des groupes comme VAG ou l’Alliance peuvent se permettre.

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D’autres constructeurs optent pour une plateforme commune à la voiture électrique et thermique. C’est le cas de PSA, avec les exemples de la Peugeot e-208, Opel Corsa ou DS 3 Crossback. Qu’il s’agisse de voitures électriques, essence ou diesel, c’est presque la même voiture avec la même plateforme. Cela permet de réduire les coûts de développement de la plateforme, mais impose aussi certaines limites en termes d’architecture. Dans le cas du Volvo XC 40 Recharge, qui partage la plateforme avec le modèle thermique XC40, mais où le coffre est un peu plus petit que dans le XC40 essence (413 litres contre 460 litres dans le XC40 avec moteur thermique).

Seat Mii électrique

Alors que SEAT utilisera la plateforme MEB pour son modèle el-Born, ce constructeur a opté pour la seconde solution pour la Mii électrique. En utilisant une plateforme et un modèle existants, le constructeur a été en mesure de réduire considérablement le coût de développement de la voiture. En échange, ce ne sera pas une voiture électrique avec une autonomie extraordinaire, mais en ligne avec son positionnement urbain, et surtout, abordable.

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En Allemagne, le Mii électrique, avec une autonomie de 260 km en cycle WLTP grâce à une batterie de 36,8 kWh, est mise en vente au prix de 20 650 euros. C’est environ 10 000 euros de moins qu’une Peugeot e-208 d’une autonomie de 300 km.

Le moteur de la Mii électrique est de 61 kW (83 ch), ce qui est suffisant pour une voiture essentiellement destinée à se déplacer en ville, où le freinage par récupération peut également être mis à profit. La proposition est très intéressante, mais il reste à voir le prix en France, qui ne devrait pas être loin de l’allemand, et la cotisation. Le Mii électrique sera également disponible sous forme d’abonnement. Ainsi, la première voiture électrique petit prix sur le marché pourrait être la Mii électrique.

Les marques chinoises ne perdent pas de vue le marché européen

De nombreux fabricants chinois affirment vouloir vendre sur le marché européen à des prix très bas. Par exemple, l’ORA R1. Il s’agit d’une voiture urbaine, dont le design s’inspire de la Smart ForFour et de la Honda e, avec environ 300 km d’autonomie annoncés (il n’est pas précisé sous quel cycle) et dont le prix en Chine se situe entre 7.600 et 10.000 euros, selon les versions et les incitations étatiques. Aiways est un autre fabricant qui vise l’Europe. D’abord avec le SUV U5, dont le prix en Europe sous abonnement serait de 400 euros par mois.

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Quelles sont les chances que ces marques atteignent enfin le marché européen ? Partant du principe que tout est possible, certaines marques l’ont aujourd’hui plus compliqué que d’autres. Pour la plupart d’entre eux, le souci c’est précisément qu’il s’agit de voitures chinoises. À l’heure actuelle, la perception du public à l’égard des voitures chinoises est plutôt défavorable.
ORA, par exemple, n’a pas expliqué comment elle prévoit de vendre ses voitures en Europe, alors que d’autres marques comme Aiways prévoient de vendre leurs modèles par le biais d’un service d’abonnement (en association avec Vehiculum, une start-up allemande spécialisée dans le leasing en ligne).

Ainsi, le client n’est pas lié lors de l’achat d’une voiture de 20 000 ou 30 000 euros, mais il paie une redevance mensuelle et s’il n’est pas convaincu par la voiture, il annule l’abonnement, retourne la voiture et c’est tout.

MG et DR Automobiles

Cependant, parmi les constructeurs chinois qui pourraient bientôt proposer des voitures électriques abordables en Europe, il y en a d’autres qui le feraient par le biais de structures et de marques européennes. Il s’agit de MG, la marque historique anglaise appartenant à SAIC, et de l’inconnue DR italienne.

MG a continué à vendre des voitures au Royaume-Uni depuis que SAIC a repris la marque. Elle a récemment lancé la MG ZS EV, un SUV 100% électrique qui promet une autonomie d’environ 263 km selon le cycle WLTP. Le prix, avec l’aide et les incitations du gouvernement britannique, est d’un peu plus de 23.000 euros. Il est équipé d’une batterie de 44,5 kWh et d’un moteur de 110 kW (150 ch).
Il est vrai que le prix sans aide reste aux alentours de 27.000 euros. Toutefois, contrairement à d’autres fabricants chinois, MG est vendu en Europe. Pour l’instant, c’est seulement au Royaume-Uni, mais la marque a longtemps voulu retourner sur le continent et promet de le faire bientôt avec cette voiture électrique.

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Quant à DR, c’est une marque inconnue de beaucoup, mais présente sur notre marché depuis quelques mois. La gamme actuelle se compose de quatre VUS (du segment B au segment D) et d’une voiture urbaine. Les prix sont très bas, de 9 400 euros pour le DR Zero urbaine (moteur essence 1.2) à 19 900 euros pour le DR6 1.5 Turbo essence 150 ch.

DR est la création de l’ancien pilote Massimo Di Risio. Après un brillant succès en tant que vendeur multimarque, il décide de devenir constructeur automobile en 2007. Avec des ressources limitées, il utilise des modèles de Chery et JAC qu’il adapte au marché européen. Avec le haut et le bas, la DR continue son chemin, bien qu’avec de faibles volumes. Depuis 2007, elle a commercialisé un peu plus de 20 000 unités en Italie. Malgré cela, elle compte aujourd’hui 60 concessionnaires et 170 points de service en Italie et a récemment atteint le marché espagnol.

Lors du dernier Salon de Genève, DR a dévoilé la DR3 EV. La base est le Chery Tiggo 3xe (un SUV de 4,20 mètres de long). Elle est équipée d’un moteur électrique à aimant permanent de 122 HP et est associé à une batterie lithium-ion de 54,3 kWh. L’autonomie, selon le cycle NEDC, serait de 400 km. Le prix est encore inconnu, mais pour vous donner une idée, le DR3 1.5 106 ch coûte en France environ 15.000 euros.

Renault City K-ZE

Enfin, il ne faut pas oublier la Renault City K-ZE. Un modèle qui en Chine coûte environ 7.200 euros à changer. C’est la version électrique de Renault Kwid. Il est équipé d’un moteur électrique de 33 kW (45 ch) et de 125 Nm. Il est associé à une batterie lithium-ion de 30 kWh (26,8 kWh utiles). Renault annonce une autonomie de 271 km (cycle NEDC), mais assure qu’elle peut atteindre 350 km en usage urbain si on ne dépasse pas 60 km/h.

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Y a-t-il une chance que cette voiture atteigne l’Europe ? Il est peu probable qu’il en soit ainsi dans cette configuration. Tout d’abord, parce que si c’était le cas, cela ne se ferait pas à un prix aussi abordable. Le Kwid est un modèle destiné aux marchés dits émergents avec des finitions inférieures identiques à celles de Dacia.
Pour l’Europe, cet aspect devrait être amélioré, ce qui impliquerait une augmentation des prix. Et d’autre part, son autonomie le limiterait beaucoup sur notre marché, surtout face à un Mii électrique avec plus de 200 km d’autonomie réelle.

Mais tout n’est pas perdu. Dacia, qui fait partie du groupe Renault, doit réduire ses émissions de CO₂, car cela nuit aux bons résultats de Renault dans ce domaine. Et la meilleure façon de le faire, c’est avec un modèle électrique.

Et s’il est difficile aujourd’hui d’imaginer une voiture électrique à un prix inférieur 20 000 euros, le directeur commercial chez Renault a du mal à imaginer que Dacia soit exclue du mouvement d’électrification des voitures. On parle déjà ouvertement d’une voiture 100% électrique pour Dacia. Cependant, personne ne sait s’il s’agit d’une version européenne (crash tests, finitions, autonomie supérieure) de la City K-ZE ou d’une version électrique de Sandero ou Duster.